Simon Marcel Badinter est né le 23 juin 1968 à Paris. Il est le fils aîné de Robert Badinter, l’avocat pénaliste devenu garde des Sceaux qui a fait abolir la peine de mort en France en 1981, et d’Élisabeth Badinter, philosophe et écrivaine féministe. Aujourd’hui âgé de 57 ans, Simon Badinter vit aux États-Unis, où il est devenu le premier animateur de talk-show français syndiqué à la radio américaine.
Sommaire
Qui est Simon Badinter ? Les informations essentielles
| Nom complet | Simon Marcel Badinter |
| Date de naissance | 23 juin 1968, Paris |
| Père | Robert Badinter (1928–2024), garde des Sceaux, auteur de l’abolition de la peine de mort |
| Mère | Élisabeth Badinter, philosophe et féministe |
| Grand-père maternel | Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis |
| Frères et sœurs | Judith Badinter, Benjamin Badinter |
| Profession | Animateur radio, dirigeant d’entreprise |
| Pays de résidence | États-Unis (Texas et Midwest) |
Le prénom qu’il porte : l’histoire de Simon Badinter senior
Simon Marcel Badinter porte le prénom de son grand-père paternel, mort assassiné par les nazis.
Simon Badinter senior était un juif d’origine bessarabienne, arrivé en France en 1921 pour fuir les pogroms. Il s’installe à Lyon avec sa famille. Le 9 février 1943, il se rend rue Sainte-Catherine, dans les locaux de l’Union Générale des Israélites de France. Les hommes de Klaus Barbie encerclent le bâtiment et arrêtent 86 personnes. Son fils Robert, alors adolescent, entre dans l’immeuble quelques minutes après, et parvient à s’échapper.
Simon Badinter senior est déporté depuis le camp de Drancy par le convoi 53 du 25 mars 1943, et assassiné au camp d’extermination de Sobibor.
Robert Badinter n’a jamais oublié. Ce deuil est au cœur de son engagement de toute une vie contre la peine de mort. Et c’est ce prénom que son fils porte.
De Milan à Cleveland : les années publicité
Avant de parler de radio, Simon Badinter passe par la publicité.
Dans les années 1990, il dirige une activité publicitaire à Milan. À 14 ans déjà, il avait vécu un premier séjour à Chicago, première expérience américaine qui marque son rapport aux États-Unis. En 1996, il intègre Médias & Régies Europe (MRE), filiale de Publicis, comme directeur du développement international. Il en prend la présidence pour l’Europe de 2003 à 2011.
C’est un contrat qui change tout. Le PDG de Publicis Maurice Lévy rencontre l’ancien maire de Cleveland lors d’un déplacement à Montréal. Un accord commercial d’installation de mobilier publicitaire urbain en sort. Lévy propose à Simon de gérer le projet sur place.
Le 1er janvier 1998, Simon Badinter arrive à Cleveland, Ohio. Sans logement ni bureau. Il vit au Ritz-Carlton son premier mois, face au lac Érié.
« En France, mes parents et mon grand-père sont célèbres. Ici, je suis arrivé sans histoire. C’est une liberté totale. » — Simon Marcel Badinter, Cleveland Jewish News
La radio américaine : de WTAM Cleveland à trente stations
En 2007, tout en continuant à diriger MRE Europe, Simon Badinter prend une décision surprenante : il appelle la station WTAM 1100 à Cleveland sans aucune expérience de la radio. Le directeur des programmes Kevin Metheny lui donne une émission le samedi, de 13h à 15h.
Les premiers mois ne sont pas simples. Certains auditeurs réagissent à l’accent. Il répond en diffusant la Marseillaise en direct. La relation avec les auditeurs s’installe progressivement.
De 2009 à 2011, il rejoint WGN Chicago, avant d’être licencié. Un responsable de CBS Radio lui donne un conseil qui change la suite : avec un accent français, parler politique donne l’impression d’un étranger qui donne des leçons. Parler d’amour, c’est une autre affaire. Il passe un an à Cincinnati, puis obtient son émission nationale.
En juin 2013, Simon Badinter lance « The Rendezvous with Simon and Kim » sur My Talk 107 à Minneapolis, avec la co-animatrice Kim Iverson, dans le cadre d’iHeartMedia/Premiere.
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Stations à la diffusion | Plus de 30 aux États-Unis |
| Format | 2 heures en direct, chaque soir |
| Classement | N°1 femmes de 18 à 49 ans à Philadelphie |
| Principaux marchés | Philadelphie, Chicago, Miami, Tampa, La Nouvelle-Orléans |
Il devient ainsi le premier animateur de talk-show français syndiqué dans la radio américaine. Une distinction qu’il ne prend pas à la légère.
« Mon premier professeur d’anglais se moquait de mon accent. Je prends encore des cours d’anglais chaque dimanche. » — Simon Marcel Badinter, Digital Journal
En janvier 2017, la chaîne FYI Network (groupe A&E Television Networks) s’associe à iHeartMedia pour lancer « In Bed with Simon », une série courte diffusée sur une année entière. Simon Marcel reçoit des couples en direct pour parler de leurs problèmes de couple. Le projet télévisuel qu’il annonçait depuis plusieurs années se concrétise.
Les hommages à Robert Badinter : Simon au premier rang
Robert Badinter décède dans la nuit du 8 au 9 février 2024, à Paris, à 95 ans.
Le 14 février 2024, Emmanuel Macron préside une cérémonie nationale place Vendôme, devant le ministère de la Justice. Première du genre organisée sur cette place, la cérémonie est ouverte au public. Simon Marcel Badinter y assiste aux côtés de sa mère Élisabeth, de sa sœur Judith et de son frère Benjamin. Dans son discours, le président cite nommément « Judith, Simon et Benjamin ».
Le 9 octobre 2025, Robert Badinter entre au Panthéon, 44 ans jour pour jour après la promulgation de la loi d’abolition de la peine de mort. La cérémonie est diffusée en direct sur France 2 et TF1. Simon Marcel est au premier rang, aux côtés de sa mère et de ses frères et sœurs. Cinq objets symboliques accompagnent le cénotaphe :
- La robe d’avocat de Robert Badinter
- Une copie de son discours de 1981 devant l’Assemblée nationale
- Trois livres, dont Idiss, écrit en hommage à sa grand-mère maternelle
Robert Badinter rejoint au Panthéon Victor Hugo, Émile Zola, Jean Jaurès et Jean Moulin.
Simon Badinter en 2026
À 57 ans, Simon Badinter anime toujours son émission sur iHeartMedia. Il reste membre du conseil de surveillance de Publicis Groupe SA et directeur de plusieurs entités du groupe.
Son grand-père est mort à Sobibor avec le prénom Simon. Son père l’a rendu à la lumière en abolissant la peine de mort et en entrant au Panthéon. Lui est parti à Cleveland avec ce même prénom et en a fait quelque chose d’entièrement différent, à 6 000 kilomètres de Paris, sur les ondes américaines. Trois générations, un seul nom.

