Christine Giua : actrice, metteuse en scène et Cours Simon

En février 2025, quand Kyan Khojandi a envahi les plateaux de télévision pour promouvoir Bref.2 sur Disney+, le nom de Christine Giua a soudain circulé partout. Paris Match, Télé-Loisirs, Quelle Époque! : dans chaque interview, son mari la décrivait comme « une femme extraordinaire », professeure, actrice, metteuse en scène. Mais pour le milieu théâtral parisien, Christine Giua n’avait rien d’une découverte. Sa carrière était déjà bien tracée depuis deux décennies, loin des caméras.



Une formation entre les mains d’un maître du théâtre français

Avant de signer ses propres spectacles, Christine Giua a commencé comme assistante à la mise en scène auprès de Jacques Mauclair, l’une des figures majeures du théâtre français du XXe siècle, ancien de la Comédie-Française et fondateur de sa propre compagnie. Travailler à ses côtés lui a donné une rigueur classique que l’on retrouvera plus tard dans sa façon d’aborder la comédie de boulevard : du fond, du rythme, pas uniquement de l’effet.

Parallèlement à sa carrière de metteuse en scène, elle enseigne au Cours Simon, l’école d’art dramatique fondée en 1935, l’une des plus reconnues de France pour la formation de comédiens professionnels. C’est d’ailleurs dans cette école que Kyan Khojandi l’a rencontrée, lui qui y étudiait entre 2004 et 2007.


2005 : les débuts à la mise en scène avec Théâtrouille

En 2005, Christine Giua co-dirige Théâtrouille au Théâtre Libre de Paris, aux côtés d’Alex Goude. La pièce, écrite par Alex Goude et Frédéric Lenci, réunit une distribution qui annonce déjà les futures collaborations :

  • Franck Le Hen
  • Eleni Laiou
  • Alex Goude, Mia Delmaë, Frédéric Lenci

Cette comédie est son premier grand crédit officiel en tant que metteuse en scène à Paris. Elle y pose les bases d’un réseau artistique avec Le Hen et Laiou, réseau qui va produire les spectacles les plus marquants de sa carrière.


Les homos préfèrent les blondes : 800 représentations et le Festival d’Avignon

En 2007, la pièce Les homos préfèrent les blondes, coécrite par Eleni Laiou et Franck Le Hen, ouvre à Paris sous la direction de Tristan Petitgirard. Christine Giua reprend ensuite la mise en scène et conduit le spectacle vers un succès qui dépasse toutes les attentes.

Le bilan :

  • 800 représentations sur plusieurs scènes parisiennes : Théâtre Le Temple, Théâtre Le Méry, La Grande Comédie
  • Programmation au Festival d’Avignon 2008
  • Diffusion sur France 4
  • Sortie en DVD chez Optimale, puis disponible sur Amazon Prime Video
  • 8/10 sur BilletRéduc, sur la base de 1 026 avis spectateurs

La distribution réunit Seb Almar, Jean-Jacques Bathie, Eleni Laiou, Franck Le Hen et Sébastien Siloret. La pièce, qui traite des bouleversements de l’identité sexuelle à travers une comédie de mœurs effrénée, trouve un public large et fidèle. C’est à cette époque que Christine Giua s’impose clairement comme une metteuse en scène capable de tenir un spectacle sur le long terme.


La rencontre avec Kyan Khojandi : d’abord un travail commun

En 2008, Kyan Khojandi, encore peu connu du grand public, cherche quelqu’un pour mettre en scène son premier one-man show. Ce sera Christine Giua. Elle co-écrit et dirige La Bande-annonce de ma vie, spectacle créé avec Bruno Muschio, qui tourne de mars 2008 à février 2010. La presse de l’époque décrit le spectacle comme « à mi-chemin entre le visuel et le stand-up pur. »

La même année, les deux collaborent aussi sur YouHumour, plateforme de sketchs produite par PVO Audiovisuel Multimédia. Les crédits officiels le confirment clairement : « Auteurs : Kyan Khojandi & Christine Giua — Mise en scène : Christine Giua. » Deux sketches confirmés portent leurs noms : Le soldat américain et Le droit.

C’est cette collaboration prolongée qui transforme une relation professionnelle en relation personnelle. Kyan Khojandi a lui-même confié qu’ils avaient vécu trois ruptures avant de se marier, et que l’engagement conjugal lui avait « fait beaucoup de bien. »


Bonjour ivresse! : sept ans d’affiches et 2 500 représentations

Le projet le plus important de la carrière de Christine Giua reste Bonjour ivresse!, pièce de Franck Le Hen qu’elle co-met en scène avec l’auteur lui-même à partir de mars 2010.

L’histoire

Benoît retrouve la veille de ses 30 ans une liste qu’il avait écrite adolescent : tout ce qu’il voulait accomplir avant cet âge. Résultat : une soirée explosive avec sa sœur coincée Marie, sa meilleure amie Wanda, alcoolique mondaine assumée, et un invité surprise du passé qui fait tout déraper.

Un parcours hors norme sur les scènes françaises

Le spectacle ouvre au Théâtre Le Méry et enchaîne les salles : Théâtre Le Temple, Palais des Glaces, Théâtre Rive Gauche, Comédie Caumartin, Théâtre Daunou. Il part ensuite en tournée nationale et en Suisse.

En 2017, le compteur dépasse 2 500 représentations. Une version filmée de 83 minutes est produite en 2011 et cataloguée par Compagnie des Indes comme captation de spectacle vivant.

Ce que la critique a retenu

Les comptes rendus dans la presse théâtrale française reviennent toujours sur les mêmes points forts. La Theatrotheque.com décrit un spectacle « qui transporte au cœur des années 80 et 90, surfant entre situations cocasses, jeux de mots et flash-back sans aucun temps mort. » Le critique Robert Bonnardot, dans Sorties à Paris, observe que « la salle jubile et rit si fort que l’on peut rater quelques répliques. »

Deux inventions scéniques sont systématiquement citées : un flash-back dont les répliques sont presque entièrement tirées de chansons pop-rock, et une séquence où deux acteurs positionnés sur un canapé semblent ne former qu’un seul corps.


Ce qu’elle est aujourd’hui

Christine Giua enseigne toujours au Cours Simon. Elle est la femme de Kyan Khojandi, avec qui elle a eu un fils, Liam, né en juillet 2022. Elle n’accorde pas d’interviews, n’entretient pas de profil public et n’a jamais cherché à exister médiatiquement en dehors de son travail.

Depuis le lancement de Bref.2 en février 2025 sur Disney+, son nom revient régulièrement dans la presse people, presque toujours comme angle secondaire dans les portraits de son mari. C’est le seul paradoxe d’une carrière construite sur des spectacles qui ont réuni des milliers de spectateurs : Christine Giua reste moins connue que les pièces qu’elle a montées.

Audrey Huard
Audrey Huardhttps://lemagazinefrancais.fr/
Audrey Huard a fondé Le Magazine Français en février 2026 depuis Berlin, où elle suit de près l'actualité française depuis des années. Politique, people, célébrités, culture, sport — elle couvre tout ce qui fait parler la France, avec un œil extérieur qui fait toute la différence.

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