Jean-Paul Debout est le fils aîné de Jean-Jacques Debout et de Chantal Goya, né en 1966 à Paris. Son père est l’un des auteurs-compositeurs les plus actifs de la chanson française : 1 032 chansons déposées à la SACEM, 39 millions de disques vendus avec Chantal Goya, les génériques de Capitaine Flam, David le gnome et Les Misérables gravés dans la mémoire de plusieurs générations. Pour comprendre ce que représente ce nom, c’est l’histoire de son père qu’il faut raconter.
Sommaire
De l’opticien du 12e aux premières scènes
Jean-Jacques Debout naît le 9 mars 1940 dans le 12e arrondissement de Paris. Son père est opticien. Son oncle, Raoul Breton, est éditeur musical de renom, une proximité qui lui ouvre les portes du milieu très tôt. Enfant, il grandit à Saint-Mandé et intègre le Collège de Juilly, en Seine-et-Marne, où il partage ses bancs avec Jean-Paul Goude, futur directeur artistique, et Jacques Mesrine, futur ennemi public numéro un. Il sert la messe avec Mesrine à Juilly.
La musique s’impose par une chorale, puis par un concours de chant Place du Tertre, à Montmartre. Il interprète un standard de Charles Trenet devant Trenet en personne. Impressionné, Trenet le recommande immédiatement à Patachou, qui lui offre ses premières scènes à la Butte.
En 1957, à 17 ans, il monte sur la scène du Théâtre des Capucines dans Cocktail sexy ou folie furieuse, aux côtés de Micheline Dax et Nicole Croisille. Deux ans plus tard, Maurice Vidalin et Jacques Datin lui écrivent « Les Boutons Dorés », directement inspiré des orphelins de Juilly que menait Mesrine. Il a 19 ans. Le tube est national. Charles Aznavour, croisé chez Raoul Breton, lui dédie ensuite certaines de ses propres compositions.
Son service militaire interrompt cette trajectoire. À son retour, la vague yéyé a reconfiguré le paysage.
1 032 chansons : le compositeur derrière les plus grands
Jean-Jacques Debout enregistre 1 032 chansons à la SACEM au fil de sa carrière. Une cinquantaine pour lui. Les autres pour des artistes qui ont structuré la chanson française et internationale :
- Johnny Hallyday : Pour moi la vie va commencer (1963), rédigé en une nuit dans un hôtel de Castelnaudary ; Sans une larme (1965) ; Deux amis pour un amour (1970). C’est lui qui présente Hallyday à Sylvie Vartan. Hallyday lui demandera lui-même un autographe.
- Sylvie Vartan : Tous mes copains (1962), Comme un garçon (1967)
- Marlène Dietrich : Cette nuit-là, écrite pour son concert à l’Olympia en 1962, interprétée en français, en anglais et en allemand. Debout ouvre lui-même ce concert.
- Dalida : Comme disait Mistinguett (1979), Bye bye (1982), Pour toi Louis (1982)
- Barbara, Gainsbourg, Brel, Reggiani, Michel Delpech, Demis Roussos, Ginette Reno
À partir des années 1970, il travaille avec les producteurs télévisés Maritie et Gilbert Carpentier pendant 11 ans consécutifs, à raison de 15 à 16 chansons par semaine pour leurs émissions diffusées en France et vendues à l’international. Il confie au Monde en 2022 : « Pendant onze ans, j’ai composé pour leurs shows quinze à seize chansons par semaine. Soudain, je vivais mon rêve. »
1964, Rose d’Or d’Antibes : la rencontre avec Chantal Goya
À la Rose d’Or d’Antibes en 1964, Jean-Jacques Debout croise Chantal Goya, jeune comédienne qui sort du tournage de Masculin Féminin de Jean-Luc Godard. Il concourt avec Nos doigts se sont croisés.
Le mariage est célébré le 25 février 1966 à Nogent-sur-Marne. Jean-Paul Debout naît cette même année. Sa sœur Clarisse arrive en 1968. Le couple aura ensuite quatre petits-enfants : Samantha, Sanjay, Alexandre et Noé.
Depuis le premier jour, ils dorment dans des chambres séparées. En mai 2024, Debout l’explique à Ici Paris : « Obliger les couples à dormir ensemble est une catastrophe ! Si d’autres avaient suivi notre exemple, les avocats auraient eu moins de boulot. » Chantal Goya précise à Midi Libre en novembre 2025 : « Il m’a dit qu’il était un homme de nuit, moi je suis une femme de jour : nous nous complétons. » Soixante ans ensemble, sans interruption.
39 millions de disques : l’empire du music-hall pour enfants
À la fin des années 1970, Jean-Jacques Debout construit avec Chantal Goya un répertoire de music-hall pour enfants sans équivalent dans la production française de l’époque.
| Spectacle | Année |
|---|---|
| La Forêt magique | 1979 |
| Le Soulier qui vole — Olympia | 1980 |
| La Planète merveilleuse | 1982 |
| Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose | 1984 et 1986 |
| La Légende de Saint-Loup | 1988 |
| L’Étrange Histoire du Château Hanté | 1989 |
Bilan : 18 albums studio, plus de 300 chansons, 39 millions de disques vendus. Bouba le petit ourson, Bécassine c’est ma cousine, Ce matin un lapin restent ancrés dans la mémoire collective française.
Il signe en parallèle les génériques qui accompagnent l’enfance de millions de Français : Capitaine Flam (1980), Les Misérables (1980), David le gnome (1987), Michel Strogoff (1998).
1985 : l’empire qui s’effondre, les ennuis qui commencent
En 1985, lors d’une émission de Patrick Sabatier, Chantal Goya craque en direct. Le public se détourne. Les spectacles suivants font salle vide. Debout le raconte au Monde en 2022 : « J’étais anéanti, je pensais ne plus servir à rien. J’avais pris ce métier en grippe. J’étais prêt à devenir agent immobilier. »
Cinq redressements fiscaux s’accumulent entre 1985 et 1995. En 2003, condamné à un an de prison dont trois mois fermes pour conduite en état d’ivresse en récidive et défaut de permis, il passe quelques jours à la prison de la Santé avant d’être placé sous bracelet électronique. Sa déclaration à la sortie, rapportée par PurePeople : « J’étais si bien en prison que, le jour de ma libération, j’ai demandé à rester une semaine de plus. » En 2007, plusieurs mois de prison avec sursis pour fraude fiscale.
L’album « Frida Kahlo » (2024) et le retour sur scène
Jean-Jacques Debout ne quitte jamais la scène longtemps. En 1992, il met en scène Paul et Virginie au Palais des Sports, jouant lui-même Bernardin de Saint-Pierre aux côtés de Claire Keim. De 2006 à 2013, il participe à la tournée Âge tendre et têtes de bois.
Le 29 mars 2024, il sort Frida Kahlo, 14 titres entièrement inédits, autoproduit, arrangé par Jacky Delance, qu’il présente lui-même comme son « dernier album ». Les thèmes sont précis : Anne Frank, Victor Hugo en exil, ses années de jeunesse sur l’île de Ré. Dans les notes de l’album, il écrit : « La Pergola est un retour à mon adolescence passée sur l’île de Ré où, avec Olivier Despax, je jouais de la clarinette. Nos idoles d’alors s’appelaient Louis Armstrong, Ella Fitzgerald. »
En novembre 2025, il remonte sur scène au Café de la Danse à Paris, après un passage au Bal Blomet quelques mois plus tôt. Chantal Goya boucle la même année sa tournée 50 Ans d’Amour !, passant par le Palais des Congrès de Paris et le Zénith de Lille, chaque soir portée par les compositions de Jean-Jacques Debout.
Jean-Paul Debout et la famille Debout en 2026
Le 9 mars 2026, Jean-Jacques Debout a fêté ses 86 ans. Jean-Paul, son fils aîné, et Clarisse, sa cadette, sont aujourd’hui adultes, avec quatre petits-enfants : Samantha, Sanjay, Alexandre et Noé.
Jean-Paul Debout a grandi dans un foyer où son père rédigeait 15 chansons par semaine, où sa mère remplissait l’Olympia, et où les succès, les procès et les retours se succédaient avec la même constance. À 86 ans, Jean-Jacques Debout signe encore des albums et monte encore sur scène. De Les Boutons Dorés en 1959 à Frida Kahlo en 2024, le nom que porte Jean-Paul Debout couvre 65 ans de chanson française sans interruption.

