Co-fondateur du restaurant Can Alegria dans le 9e arrondissement de Paris et chef du restaurant Vertiges depuis octobre 2024, Marc-Antoine Colonna a construit une cuisine méditerranéenne au fil de tables étoilées, d’un palace des Champs-Élysées et d’une longue escale ibizienne.
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Qui est Marc-Antoine Colonna ?
Marc-Antoine Colonna est un chef cuisinier corse, formé à l’école Ferrandi à Paris. Co-fondateur du restaurant Can Alegria dans le 9e arrondissement, il dirige depuis octobre 2024 les cuisines du restaurant Vertiges, au sommet du téléphérique du Salève en Haute-Savoie, à 1 100 mètres d’altitude. Son parcours comprend des passages chez le chef étoilé Nicolas Leclercq, dans les établissements d’Alain Ducasse, au Fouquet’s Barrière et à La Oliva à Ibiza.
De Ferrandi aux tables étoilées, puis au Fouquet’s
Marc-Antoine Colonna grandit en Corse dans une famille où la cuisine occupe déjà une place centrale : son grand-père était cuisinier. C’est cette proximité précoce avec les fourneaux qui le conduit à s’inscrire à l’école Ferrandi à Paris, institution incontournable de la formation gastronomique française.
Après l’école, il intègre la brigade du chef Nicolas Leclercq à L’Orée de la Forêt, table étoilée où il reçoit ses premières bases de la haute cuisine. Il rejoint ensuite les établissements du groupe Alain Ducasse, où il achève son apprentissage.
Puis vient le Fouquet’s Barrière, sur les Champs-Élysées, où il occupe un poste de sous-chef de cuisine en banqueting. Un poste qui demande d’assurer des services à grande échelle sans sacrifier la régularité.
Avant de partir pour Ibiza, Colonna travaille également à bord des bateaux de la Compagnie Générale de Navigation (CGN) sur le lac Léman, dans la région franco-suisse. Un passage qui précède, de plusieurs années, son installation au restaurant Vertiges dans cette même région franco-suisse.
La Oliva à Ibiza : chef pour la première fois
Marc-Antoine Colonna arrive à Ibiza comme serveur, au restaurant Dalt Vila. Il se fraye ensuite un chemin vers les cuisines et devient chef de La Oliva, adresse reconnue de la scène gastronomique ibizienne.
C’est là que sa cuisine prend sa couleur définitive : méditerranéenne au sens large, avec des influences espagnoles, levantines et nord-africaines, construite sur des cuissons longues et une liberté dans les associations de saveurs. Le magazine White Ibiza lui consacre un portrait à cette période, relevant sa maîtrise technique malgré son jeune âge.
Can Alegria, le restaurant parisien fondé en 2018
Au printemps 2018, Marc-Antoine Colonna et son associé Matthieu Lecomte ouvrent Can Alegria au 73 rue Jean-Baptiste Pigalle, Paris 9e. Les locaux étaient autrefois occupés par le cabaret La Belle Meunière, où Édith Piaf chantait à ses débuts dans les années 1930. Après plusieurs décennies et diverses transformations, les deux amis reprennent les murs et changent la destination du lieu.
Can Alegria signifie « maison de la joie » en catalan. La décoratrice Élodie Ricord habille la salle de tons bleutés, rotin, velours et laiton. Au sous-sol, une salle privatisable pour une douzaine de convives, autour d’une table en bois brut, avec des références à l’histoire du cabaret sur les murs.
Les plats signatures de Marc-Antoine Colonna à Can Alegria :
- Poulpe grillé cuit quatre heures à basse température, purée de patate douce, coriandre et romarin
- Souris d’agneau confite sept heures, abricots et légumes
- Ceviche de truite, lait de coco et betterave
- Chou-fleur rôti, épices, tahini et amandes
- Desserts du jour, récités en salle et jamais écrits sur la carte : baba au rhum, macaron yuzu-pistache, pavlova aux fruits rouges
La carte évolue en moyenne toutes les deux semaines. Colonna propose aussi une table du chef, réservable à l’avance : un menu découverte élaboré depuis les cuisines ouvertes.
Quelques mois après l’ouverture, le restaurant atteint la première place sur TripAdvisor Paris, parmi plus de 15 000 adresses. En septembre 2023, Décideurs Magazine cite Can Alegria parmi les meilleures tables parisiennes aux accents méditerranéens.
En mars 2026, Can Alegria est toujours en activité au 73 rue Jean-Baptiste Pigalle. Matthieu Lecomte, co-fondateur et directeur général de la SAS Marcomatti, assure la continuité de l’établissement.
Vertiges au Salève : son poste depuis octobre 2024
En octobre 2024, Marc-Antoine Colonna prend la tête des cuisines du restaurant Vertiges, installé dans la gare d’arrivée du téléphérique du Salève à Monnetier-Mornex, en Haute-Savoie. L’établissement est perché à 1 100 mètres d’altitude, avec une vue à 180 degrés sur Genève, le lac Léman et les Alpes.
Le bâtiment lui-même a une histoire singulière. Il a été conçu dans les années 1930 par l’architecte genevois Maurice Braillard, qui avait prévu dès l’origine une salle de restauration dans la partie supérieure de la gare. Vertiges réalise ce projet, près d’un siècle après sa conception initiale.
Ce qu’il faut savoir sur le restaurant Vertiges :
- 108 couverts disposés le long des baies vitrées
- Cuisine bistronomique, produits locaux et de saison, issus du terroir transfrontalier franco-suisse
- Tarifs : entre 50 et 60 euros pour une entrée, un plat et un dessert, hors boissons
- Horaires : du mercredi au dimanche le midi, du jeudi au samedi le soir
En janvier 2025, France Bleu Pays de Savoie l’invite en direct dans l’émission L’Assiette Savoyarde. Il y présente un plat de la carte en cours : suprême de volaille fermière, houmous de carottes, pommes grenailles, jus corsé. Sa présence à Vertiges comme chef en titre y est confirmée.
L’UTMB 2025 : coureur de fond hors des fourneaux
En dehors des cuisines, Marc-Antoine Colonna pratique l’ultra-trail de manière régulière. En 2025, il prend le départ du HOKA UTMB Mont-Blanc, l’une des courses de trail les plus exigeantes au monde, et termine 1 661e au classement général, avec un index UTMB World de 455 points.
En mars 2026, Marc-Antoine Colonna est chef en titre de Vertiges, le restaurant du téléphérique du Salève, ouvert depuis octobre 2024. Can Alegria, qu’il a co-fondé à Pigalle il y a sept ans dans l’ancien cabaret de Piaf, tourne toujours au 73 rue Jean-Baptiste Pigalle. D’un côté, une salle parisienne vieille de plusieurs décennies. De l’autre, une gare d’altitude imaginée par Braillard dans les années 1930 et qui attendait sa cuisine depuis quatre-vingt-dix ans. Le chef corse est passé par les deux.

