Olivier Marleix vie privée : famille, filles et l’homme derrière le député

Treize ans à l’Assemblée nationale, président du groupe LR, maire d’Anet pendant près d’une décennie. Et pourtant, presque rien de sa vie personnelle n’a jamais filtré. Olivier Marleix, mort le 7 juillet 2025 à 54 ans, a protégé sa famille et son quotidien intime avec une constance que peu de responsables politiques français ont maintenue aussi longtemps. Ce silence, respecté sans exception par toute la presse nationale, est lui-même révélateur de l’homme.



Qui était vraiment Olivier Marleix ?

Né le 6 février 1971 à Boulogne-Billancourt, Olivier Marleix a grandi dans un foyer où la politique était une langue maternelle. Son père, Alain Marleix, figure incontournable de l’appareil chiraquien, fut député du Cantal et secrétaire d’État sous le gouvernement Fillon de 2007 à 2010. Sa mère, Évelyne Marleix, exerçait comme maire de Molompize, dans le Cantal, de 2001 à 2008.

Dans son livre posthume Dissolution française, il revenait lui-même sur cette enfance singulière : décrocher le téléphone familial, c’était tomber sur la voix de Pasqua, de Chirac ou de Toubon. À six ans, il écoutait déjà Jacques Chirac au congrès fondateur du RPR, porte de Versailles à Paris.

Son parcours académique était rigoureux : Sciences Po Paris, diplômé en 1992, puis un DEA de droit public à l’Université d’Auvergne en 1994. Engagé au RPR sous Charles Pasqua dès ses années étudiantes, il côtoie ensuite au Sénat les derniers barons du gaullisme historique : Maurice Couve de Murville, Maurice Schumann, l’amiral Philippe de Gaulle. Ces rencontres ont forgé une vision du service public qu’il a portée jusqu’à la fin.


La famille d’Olivier Marleix : un frère, une sœur, une lignée

Olivier Marleix avait deux frères et sœurs connus :

  • Romain Marleix (frère) : conseiller parlementaire de Michel Barnier, nommé en mai 2025 directeur de cabinet du président du groupe LR au Sénat. C’est lui qui décrivait la conception de son frère du mandat comme « sacerdotale », vécue comme une vocation plutôt que comme un métier.
  • Laurence Saint-Gilles (sœur) : historienne, restée à l’écart de la vie politique.

Fait rarissime dans l’histoire parlementaire française : durant la législature 2012-2017, père et fils siégeaient simultanément dans l’hémicycle. Deux Marleix, deux générations, dans la même chambre.


Olivier Marleix avait-il une femme et des enfants ?

C’est la question la plus fréquente sur sa vie privée. La réponse est documentée, mais délibérément partielle.

Olivier Marleix était père de deux filles, confirmé par France Info, France 24, Wikipedia et le communiqué de l’Élysée publié au lendemain de son décès. Leurs prénoms n’ont jamais été rendus publics par aucun grand média français.

Sur sa vie sentimentale, le terme utilisé par le parquet de Chartres dans son communiqué officiel de clôture d’enquête est « compagne », et non épouse ou femme. Son identité n’a jamais été révélée par aucune source journalistique sérieuse. Aucune photo de ses proches n’a circulé dans les médias. Pas de compte familial sur les réseaux sociaux. Sa page Facebook était exclusivement consacrée à son activité parlementaire.

Lors de ses obsèques à Anet, l’évêque de Chartres, Mgr Philippe Cristory, le présentait comme un « homme de foi, catholique, croyant et pratiquant ».


Anet : un choix de terrain, pas un héritage familial

En 2008, Olivier Marleix aurait pu briguer la circonscription du Cantal, liée à son père. Il a choisi l’Eure-et-Loir. Le discours d’inauguration de la rue portant son nom à Anet, publié sur le site de la Présidence de l’Assemblée nationale, le formule sans ambiguïté : il avait quitté le Cantal par refus d’être un héritier.

Son installation à Anet ne ressemblait pas à une campagne classique. Il a sonné à chaque porte, serré chaque main, rencontré les habitants un par un. Les années suivantes, il faisait ses courses au supermarché local chaque week-end. Sa permanence était ouverte à tous, pour des problèmes concrets de logement, de santé ou d’administration.

Maire de 2008 à 2017, il a laissé deux réalisations culturelles dans la ville qui existent encore aujourd’hui :

ProjetDescription
Le DianetumSalle de spectacles et de réceptions de 480 places, jouxtant le château de Diane de Poitiers. Salles nommées Ronsard, Du Bellay et Rabelais.
Le CiRCentre d’Interprétation de la Renaissance, musée immersif face au château avec spectacle à 360°, maquettes tactiles et bornes interactives sur l’époque d’Henri II et Diane de Poitiers.

En 2011, toujours maire, il présidait en personne la cérémonie de réinhumation de Diane de Poitiers dans la chapelle du château, dont la tombe avait été profanée pendant la Révolution en 1795. En janvier 2020, l’association Anticor lui remettait son « prix éthique » pour son travail à la tête de la commission d’enquête parlementaire sur la vente d’Alstom à General Electric.

Il démissionnait de la mairie en septembre 2017 pour respecter la règle de non-cumul des mandats. Sa première adjointe, Aliette Le Bihan, lui succédait alors. La même qui, le 7 juillet 2025, alertait les gendarmes.


L’homme que ses collègues ne soupçonnaient pas

Ce que peu savaient sur cet homme de 1m90, discret, front dégarni et fossette au menton : ses passions personnelles n’avaient rien à voir avec les commissions parlementaires.

Le discours officiel prononcé lors de l’inauguration de sa rue à Anet par la Présidence de l’Assemblée nationale livrait des détails que les médias n’avaient jamais rapportés :

  • Il maniait le pinceau le soir venu
  • Il jouait du violon et écoutait Leonard Cohen
  • Ses lectures : Belle du Seigneur d’Albert Cohen, Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar
  • Il connaissait la vie de Diane de Poitiers avec la précision d’un historien

À l’Assemblée, ses collègues le décrivaient comme disponible et bienveillant envers les jeunes parlementaires, tout en étant « redouté pour sa rigueur et sa force de travail. » La présidente Yaël Braun-Pivet, lors de son hommage officiel à l’Assemblée, a résumé ce qu’il représentait : « Olivier Marleix, c’était le droit. C’était la droite. Et c’était la droiture. »


Comment est mort Olivier Marleix ?

La chronologie de ses derniers jours reste frappante par la banalité apparente de chaque moment.

  • Samedi 5 juillet 2025 : il envoie la version finale de son manuscrit Dissolution française à son éditeur Thierry Billard, chez Robert Laffont
  • Dimanche 6 juillet : il publie sur sa page Facebook un bilan habituel de sa semaine dans sa circonscription
  • Nuit du 6 au 7 juillet : il meurt à son domicile d’Anet entre minuit et 2 heures du matin, selon les conclusions médico-légales
  • Lundi 7 juillet, 14h50 : les gendarmes découvrent son corps après l’alerte donnée par son assistante parlementaire et par la maire d’Anet, Aliette Le Bihan, toutes deux inquiètes de son absence à plusieurs rendez-vous matinaux

L’enquête, clôturée le 30 juillet 2025 par le parquet de Chartres sous la direction du procureur Frédéric Chevallier, concluait à un suicide par pendaison. Les examens médico-légaux et les auditions confirmaient qu’il traversait une période de dépression aux causes « sentimentales, intimes et professionnelles ». Le parquet précisait qu’il consultait un psychiatre depuis plusieurs mois, qu’il s’était mis à courir de façon excessive et quotidienne, et qu’il avait perdu beaucoup de poids. La dernière conversation retrouvée sur son téléphone avec sa compagne a été identifiée comme l’élément déclencheur.

Aliette Le Bihan, qui l’avait croisé le samedi précédent, déclarait à l’Echo républicain : « Il était comme d’habitude, tel que je le connaissais, sans problème. »


Des hommages transpartisans, un consensus rare

La disparition d’Olivier Marleix a provoqué une réaction unanime que la politique française voit rarement.

Yaël Braun-Pivet le décrivait à l’Assemblée comme « un technicien rigoureux et méticuleux, un orateur pugnace et précis, un défenseur de nos institutions et un fidèle serviteur de l’intérêt général. »

Bruno Retailleau, lors des obsèques à Anet, demandait publiquement : « Nous ne comprenons pas, quels cris Olivier étouffait-il ? Quelle nuit traversait-il ? Pourquoi ? Qu’aurions-nous dû voir ? »

Jean-Luc Mélenchon saluait « un adversaire honorable et respecté, dont l’attachement à la souveraineté de la France permettait un dialogue sincère. »

François Hollande soulignait que sa fidélité à son camp « ne le détournait pas du respect élégant pour les idées adverses. »

Nicolas Sarkozy, dont Marleix fut le conseiller technique à l’Élysée, le qualifiait de « collaborateur précieux, soutien fidèle dont l’engagement ne m’a jamais fait défaut. »

Ses obsèques, célébrées le 11 juillet 2025 à l’église Saint-Cyr Sainte-Juliette d’Anet, ont réuni près d’un millier de personnes. Une rue d’Anet porte désormais son nom, inaugurée par la Présidence de l’Assemblée nationale.


Dissolution française : le livre qu’il n’a pas vu paraître

Le 13 novembre 2025, Robert Laffont publiait Dissolution française — La fin du macronisme, troisième ouvrage d’Olivier Marleix après Les Liquidateurs (2021). La préface de Michel Barnier cite Victor Hugo : « Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. »

La postface, rédigée par sa famille, note que « sa première histoire d’amour, c’était la France », et qu' »Olivier était un homme d’engagement, quel qu’en soit le prix. » Les libraires le décrivent sobrement comme « un témoignage devenu testament. »


La vie privée d’Olivier Marleix révèle un homme qui avait bâti deux existences parfaitement séparées : le député gaulliste connu de tous, spécialiste de la souveraineté industrielle et des questions de droit, et l’homme qui lisait Yourcenar, jouait du violon et avait choisi Anet par conviction personnelle plutôt que par calcul électoral. Ces deux vies n’ont jamais vraiment croisé les projecteurs. Jusqu’au jour où ce qui se passait dans la seconde a tout emporté.


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Audrey Huard
Audrey Huardhttps://lemagazinefrancais.fr/
Audrey Huard a fondé Le Magazine Français en février 2026 depuis Berlin, où elle suit de près l'actualité française depuis des années. Politique, people, célébrités, culture, sport — elle couvre tout ce qui fait parler la France, avec un œil extérieur qui fait toute la différence.

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