Nihita Biswas : qui est la femme de Charles Sobhraj ?

En mars 2026, Charles Sobhraj est libre à Paris. Il publie ses mémoires, négocie des projets avec des producteurs et prépare des poursuites contre la BBC, Netflix et l’État du Népal. Nihita Biswas, la femme qu’il présentait comme son épouse depuis 2008, n’est nulle part. Aucune interview, aucune déclaration publique, aucun compte actif sur les réseaux sociaux. Tout le monde parle de Sobhraj. Personne ne sait ce qu’elle est devenue.



Qui est Nihita Biswas ?

Née à Katmandou vers 1987-1988, Nihita Biswas est avocate de formation. Son père était un homme d’affaires d’origine bengalie de Kolkata. Sa mère, Shakuntala Thapa, est une avocate et militante des droits humains reconnue au Népal, qui allait devenir l’une des principales défenseures de Charles Sobhraj devant la Cour suprême du Népal.

Ses parents se sont séparés quand elle était enfant. Elle a grandi à Katmandou avec sa mère.

Son parcours :

  • Scolarité à la St. Mary’s High School de Katmandou
  • Diplôme de droit à l’Université Tribhuvan, Kirtipur, Népal
  • Maîtrise du français, une compétence rare qui a tout changé pour elle

La rencontre : une prison, un interprète absent et une liste de courses

En 2008, Charles Sobhraj purge une peine à vie à la prison centrale de Katmandou pour le meurtre de Connie Jo Bronzich, une touriste américaine tuée en 1975. Son équipe juridique cherche un interprète pour assister un avocat français lors d’une visite.

Nihita se présente. L’avocat est déjà parti. Mais Sobhraj n’est pas pressé de la voir partir.

Dans une interview accordée au Times of India, elle a raconté que Sobhraj avait multiplié les prétextes pour la revoir. Il lui avait remis une longue liste de courses, principalement des conserves, pour justifier de nouvelles visites à la prison. Trois mois après cette première rencontre, le couple annonce ses fiançailles.

Elle a environ 20 ans. Lui en a 64. L’écart est de 44 ans.

À cette époque, Sobhraj déclare à la presse que c’était le coup de foudre. Nihita, elle, dit à l’époque au Times of India qu’il suffisait de croiser son regard pour comprendre ce qu’il voulait dire vraiment.


Un mariage en prison que les autorités népalaises n’ont jamais reconnu

Le 9 octobre 2008, une cérémonie a lieu à l’intérieur de la prison de Katmandou, le jour du Bada Dashami, une fête hindoue sacrée. Le frère de Nihita et sa mère assistent. Aucun prêtre n’est présent. Sobhraj présente l’événement comme un mariage.

Le lendemain, les autorités népalaises contestent publiquement cette version. Selon elles, la famille de Nihita a simplement participé à une cérémonie de tika organisée pour les proches de l’ensemble des détenus, comme chaque année à l’occasion de la fête. Aucun acte de mariage n’a été signé. Aucune procédure légale n’a été enregistrée, ni au Népal ni en France.

En 2021, un membre du personnel pénitentiaire a déclaré au magazine français Paris Match : « C’est une légende. Il n’existe aucune preuve de leur union. »

Le mariage formel à Paris, avec les alliances que Sobhraj avait promises lors de leurs fiançailles, n’a jamais eu lieu.


Des années de combat pour un homme qu’elle croyait innocent

Pendant plusieurs années, Nihita Biswas a été la voix publique la plus visible en faveur de la libération de Sobhraj. À chaque audience, elle prenait la parole devant les médias en répétant qu’il était innocent et que le système judiciaire népalais était biaisé contre lui.

Juillet 2010. La Cour suprême du Népal confirme la condamnation à perpétuité de Sobhraj. Nihita et sa mère accusent publiquement les juges d’avoir reçu des pots-de-vin. Toutes deux sont poursuivies pour outrage à la cour, arrêtées pendant 24 heures, puis condamnées à payer une amende après avoir présenté des excuses écrites au tribunal.

Les autorités népalaises les ont également désignées comme suspectes dans une affaire de contrebande : une fouille surprise de la cellule de Sobhraj avait révélé un téléphone, des cartes SIM et un iPod.

Octobre 2011. Nihita devient la première citoyenne népalaise à participer à Bigg Boss, la version indienne de Big Brother, diffusée sur la chaîne Colors. Elle entre dans l’émission dans un seul but : attirer l’attention sur la détention de Sobhraj. Dès le premier jour, un candidat lui pose une question explicite sur sa vie intime avec un homme incarcéré. La scène provoque une indignation au Népal. Sa mère réagit publiquement, jugeant la question insensée et indécente. Nihita est la première candidate éliminée de l’émission.

2017. Quand Sobhraj subit une opération à cœur ouvert à Katmandou, Nihita lui donne une pinte de son sang. Ils partagent le même groupe sanguin, O négatif, selon une source hospitalière rapportée par le Hindustan Times.


L’éloignement : les visites s’arrêtent, les appels continuent

À partir de 2019, quelque chose change. Selon OnlineKhabar, un des médias numériques les plus sérieux du Népal, Nihita a progressivement cessé de rendre visite à Sobhraj en prison. Il continuait à l’appeler depuis sa cellule, mais les visites s’étaient arrêtées. Shakuntala Thapa s’était également retirée du dossier, déclarant que quelqu’un d’autre s’occupait désormais de l’affaire.

Des membres de l’équipe juridique de Sobhraj ont confié à OnlineKhabar que les deux femmes n’avaient pas coopéré lors des dernières étapes de la procédure de libération, ni fourni les documents demandés en temps voulu. Le jour prévu pour récupérer un courrier indispensable au tribunal de Bhaktapur, Nihita ne s’est pas présentée. Elle a dit qu’elle était occupée.

Le 23 décembre 2022, jour de la libération, Sobhraj a indiqué clairement ne pas vouloir la rencontrer.


Où est Nihita Biswas aujourd’hui ?

Ce même 23 décembre 2022, Nihita était présente devant le service de l’immigration de Katmandou avec sa mère. Elle a déclaré au Kathmandu Post : « C’est un long combat juridique. Je me sens soulagée, très légère aujourd’hui. » Quand les journalistes lui ont demandé si elle comptait rejoindre Sobhraj en France, elle a esquivé, évoquant des responsabilités professionnelles et la coordination avec l’ambassade française.

Ce soir-là, Sobhraj quittait Katmandou sur un vol Qatar Airways, via Doha. Il atterrissait à l’aéroport Charles de Gaulle le 24 décembre 2022. À bord, il avait déclaré à l’AFP : « Je me sens très bien. J’ai beaucoup à faire. Je dois poursuivre beaucoup de gens, y compris l’État du Népal. »

Depuis ce jour, Nihita Biswas n’a plus donné signe de vie dans les médias. Aucun voyage en France signalé, aucune interview accordée, aucun compte actif sur Instagram, Facebook ou X. Elle est présumée résider à Lalitpur, au Népal, où elle exercerait toujours comme avocate.

Pendant ce temps, Sobhraj a publié ses mémoires en français, Moi, le Serpent, aux éditions L’Archipel en 2023. Un documentaire sur sa vie, Sur la piste du Serpent, est sorti en France et au Canada francophone. Les séries Black Warrant (Netflix, janvier 2025) et Inspector Zende (Netflix, septembre 2025) ont relancé l’intérêt mondial pour son histoire.

Son nom revient régulièrement dans les médias, y compris en France. Le nom de Nihita Biswas, lui, reste attaché à une seule période de sa vie : les années passées à défendre un homme condamné, dans un pays qui n’a jamais reconnu leur union.

Audrey Huard
Audrey Huardhttps://lemagazinefrancais.fr/
Audrey Huard a fondé Le Magazine Français en février 2026 depuis Berlin, où elle suit de près l'actualité française depuis des années. Politique, people, célébrités, culture, sport — elle couvre tout ce qui fait parler la France, avec un œil extérieur qui fait toute la différence.

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