Laurence Auzière-Jourdan : qui est vraiment la fille de Brigitte Macron ?

En 1993, au lycée La Providence d’Amiens, une élève rentre chez elle et dit à sa famille qu’il y a dans sa classe un garçon qui « sait tout sur tout. » Ce garçon s’appelle Emmanuel Macron. L’élève, c’est Laurence Auzière. Quelques années plus tard, ce même garçon épousera sa mère. C’est sans doute l’une des situations familiales les plus singulières de la politique française, et elle est au cœur de qui est Laurence Auzière-Jourdan.

Mais réduire cette femme à sa parenté serait passer à côté de l’essentiel.



Une enfance en Alsace, une famille sans histoire particulière

Laurence Christine Alexandra Auzière naît en 1977 à Truchtersheim, dans le Bas-Rhin, à quelques kilomètres de la frontière allemande. Son père, André-Louis Auzière, est banquier. Sa mère, Brigitte Trogneux, est enseignante de français et de latin. La famille vit en Alsace jusqu’en 1991, puis s’installe à Amiens.

Elle a un frère aîné, Sébastien (né en 1975), ingénieur, et une petite sœur, Tiphaine (née en 1984), avocate à Paris et romancière depuis 2024.


Camarade de classe d’Emmanuel Macron, avant tout le reste

Au lycée La Providence, Laurence Auzière se retrouve dans la même classe qu’un certain Emmanuel Macron, né lui aussi en 1977. C’est là qu’elle remarque cet élève atypique et en parle à sa famille. Les parents de Macron, en entendant parler si souvent de cette « Laurence », se persuadent un moment que leur fils est amoureux d’elle.

Ce n’est pas ce qui se passe. C’est Brigitte Auzière, la mère de Laurence, qui dirige le club de théâtre que fréquente le jeune Emmanuel. La relation qui naît entre les deux, puis le scandale de voisinage qui s’ensuit dans cette ville de province, marqueront définitivement la famille.

Brigitte divorce d’André-Louis Auzière en janvier 2006 après 32 ans de mariage, et épouse Emmanuel Macron en octobre 2007. Laurence devient alors la belle-fille de son ancien camarade de classe. En 2017, quand Macron est élu président de la République, elle fait partie de ceux qui l’accompagnent jusqu’à la victoire. Son père, André-Louis Auzière, décède en 2019.


Cardiologue spécialisée, un cabinet à Vincennes et à Nogent-sur-Marne

Après son bac, Laurence Auzière choisit la médecine. Elle se forme à l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) et soutient sa thèse en 2004 : Facteurs échographiques associés à un niveau de BNP élevé chez les insuffisants cardiaques : interaction systole diastole.

Elle exerce aujourd’hui dans deux cabinets :

  • Vincennes
  • Nogent-sur-Marne

Ses domaines : la cardiologie à haut risque, les maladies vasculaires et les facteurs de risque cardiovasculaires, en collaboration avec les cardiologues Didier Catuli et Pierre Sablon. Cette activité médicale, elle ne l’a jamais abandonnée.


Un mariage, trois enfants, une séparation en 2021

Laurence Auzière épouse Guillaume Jourdan, radiologue à Meaux, en 2005. Ils ont trois enfants ensemble. Le couple se sépare en mars 2021, avec un divorce confirmé peu après. Les deux ex-époux ont maintenu la stabilité familiale, notamment la continuité scolaire et une garde partagée.


Vingt-cinq ans plus tard, un amour retrouvé et une vie d’artiste

C’est l’un des détails les plus inattendus de son parcours. Dans les années 1990, adolescente de 16 ans, Laurence rencontre Matthieu Gasser pendant des vacances au ski. Leur relation de jeunesse prend fin lorsque la famille Auzière quitte l’Alsace. Vingt-cinq ans passent sans contact.

C’est en mai 2017, en pleine campagne présidentielle, que leurs chemins se croisent à nouveau. Ils retombent amoureux. Ils font une première apparition publique ensemble lors d’un meeting d’Emmanuel Macron en avril 2022, puis officialisent leur relation sur Instagram à la foire ST-ART à Strasbourg la même année. Ils se pacsent en février 2023.

Matthieu Gasser : de la Sorbonne aux galeries d’art contemporain

Son père est anatomopathologiste. Adolescent, Matthieu regardait dans son microscope et trouvait les images d’une beauté comparable aux tableaux des musées. Il étudie ensuite la médiation culturelle à la Sorbonne, travaille dans l’univers de la musique électronique, puis devient chef de projet événementiel dans la fonction publique territoriale.

Vers la quarantaine, il développe enfin l’idée qui le suit depuis l’enfance : le portrait cellulaire. Son pseudonyme d’artiste, Matthieu Graffensttaden, est un hommage direct à Illkirch-Graffenstaden, sa ville natale dans le Bas-Rhin. Ensemble, le duo expose sous le nom commun « Laurence Graffensttaden ».

Laurence explique leur association dans une interview à Yahoo Actualités France (avril 2025) : « Matthieu m’en a parlé et comme j’avais fait médecine, j’ai tout de suite compris la puissance du concept. Je trouvais ça génial de détourner un procédé scientifique pour en faire de l’art. »


Les portraits cellulaires : comment une œuvre est créée

Le procédé est précis, documenté sur le site officiel du duo :

  1. Le collectionneur dépose sa salive sur deux lamelles de microscope
  2. Les cellules sont colorées, photographiées sous microscope
  3. Les images sont intégrées dans une peinture à l’encre
  4. Les lamelles originales sont insérées dans l’œuvre, encadrées en plexiglas, en guise de certificat d’authenticité

Chaque portrait est par définition unique : le positionnement des cellules est incontrôlable. Aucune donnée de santé n’est collectée.

Le duo travaille régulièrement avec Danhôo, artiste contemporain français d’origine chinoise, notamment pour revisiter les autoportraits de Van Gogh, Dalí, Picasso ou Frida Kahlo à travers le prisme de la biologie cellulaire.

Les expositions majeures depuis 2024 :

DateLieuExposition
Mai 2024Institut du Monde Arabe, ParisEntrée en collection permanente
Nov. 2024A2Z Art Gallery, ParisNos Arts, Nos Origines (avec Danhôo)
29 avr. 2025A2Z Art Gallery, ParisNos Arts, Nos Coups de Cœur
Sept. 2025Musée Xiao Feng, HangzhouExposition internationale
Nov. 2025West Bund Art & Design, ShanghaiFoire d’art contemporain
17 nov. 2025Maison de l’Europe, ParisCœurs sans frontières

En septembre 2024, lors du vernissage à l’Institut du Monde Arabe, Laurence Auzière confie à Madame Figaro : « Maman est comme toutes les mamans : elle est à fond dans tout ce que ses enfants entreprennent. »


Les 560 000 euros : une fausse information, démontée par France 24

En mai 2025, des publications virales sur X affirment que l’Élysée aurait acheté une toile de Laurence Auzière pour 560 000 euros à partir de fonds publics. France 24 Les Observateurs a vérifié directement auprès du galeriste et de l’Élysée.

Ce que les faits établissent :

  • Le galeriste Anthony Phuong est formel : « Le couple Macron n’a acheté aucune toile le 29 avril. »
  • L’œuvre est toujours disponible à la vente, au prix de 8 500 euros
  • L’Élysée a officiellement démenti
  • En automne 2024, la galerie avait offert une toile à Brigitte Macron, d’un commun accord entre Laurence, Matthieu Gasser et le galeriste. Un cadeau, pas une transaction publique

La rumeur ne repose sur aucun document, aucun acte d’achat, aucune source vérifiable.


Pendant que les théories circulent sur les réseaux, Laurence Auzière-Jourdan consulte dans ses cabinets de Vincennes et de Nogent-sur-Marne, prépare des portraits réalisés à partir de cellules humaines, et fait entrer ses œuvres dans les collections permanentes des institutions françaises. Elle n’a jamais exposé sous le nom Macron. En décembre 2024, dans les colonnes de Libération, elle résume sa position sur sa famille en une seule phrase : « Je ne supporte pas qu’on l’attaque. »

Audrey Huard
Audrey Huardhttps://lemagazinefrancais.fr/
Audrey Huard a fondé Le Magazine Français en février 2026 depuis Berlin, où elle suit de près l'actualité française depuis des années. Politique, people, célébrités, culture, sport — elle couvre tout ce qui fait parler la France, avec un œil extérieur qui fait toute la différence.

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